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Assurer son chien : bien comprendre le contrat d'assurance pour bien choisir



La santé d'un animal de compagnie représente un coût qui peut être élevé et atteindre parfois en cumulé des milliers d'euros : si les soins de prévention (vaccination annuelle, vermifugation, etc.) ne sont pas très onéreux, certaines maladies ou accidents peuvent engendrer des frais vétérinaires très importants et difficilement prévisibles, en raison de dépenses récurrentes (traitement d'une maladie chronique, animaux âgés affaiblies) ou d'interventions ponctuelles onéreuses (intervention chirurgicale, hospitalisation, radiothérapie, etc.).

Contrairement à nous, nos compagnons à 4 pattes ne bénéficient pas d'une sécurité sociale et la totalité des frais vétérinaires sont donc à la charge du propriétaire. Il existe toutefois des assurances santé destinées aux animaux de compagnie (chiens et chats), qui dans leur principe de fonctionnement et leurs clauses contractuelles, s'apparentent à nos complémentaires santé.
Un étude récente* rapporte qu'en France, ¾ des animaux assurés sont des chiens et ¼ des chats. La proportion d'animaux bénéficiant d'une assurance reste marginale, puisque seulement 4 % des chiens sont assurés (taux nettement plus faible que dans d'autres pays). Toutefois, une croissance rapide est notée ces dernières années, puisque ce taux a doublé par rapport à 2009 et, sur cette dynamique, près de 2 millions d'animaux pourraient être assurés dans 5 ans.
Ce dossier a pour objectif de donner quelques informations indispensables pour comprendre les contrats d'assurance santé pour animaux de compagnie, afin d'évaluer l'intérêt de souscrire une assurance pour son chien et faire un choix.

* Etude SantéVet (compagnie d'assurance santé pour chiens et chats) de 2011. 


Une assurance santé présente t elle un intérêt pour mon chien ?

Faire soigner son chien peut devenir dans certaines situations particulièrement onéreux : un diagnostic nécessitant des examens multiples et parfois pointus (par exemple un scanner ou une IRM), une affection avec un traitement à long terme ou même à vie, un accident entraînant une hospitalisation et des interventions chirurgicales, etc. De tels événements ne concernent qu'un petit nombre de chiens et, compte-tenu du coût de l'assurance sur le long terme, il est légitime de se demander si la souscription d'un contrat pour couvrir ces risques est utile.
En effet, les sociétés d'assurance ne sont pas des organismes philanthropiques et ont des impératifs de rentabilité : pour la majorité des personnes qui souscrivent un contrat, les primes versées seront donc au final supérieures aux remboursements perçus. Il est donc tentant de penser qu'il pourrait être plus intéressant de mettre cet argent de côté pour en disposer si un jour la santé du chien nécessite des dépenses élevés. Mais rares sont les personnes qui ont cette discipline d'épargner tous les mois : face à un problème de santé imprévisible qu'il n'a pas anticipé, le propriétaire peut se trouver contraint à des sacrifices financiers pour faire traiter son chien ; il est même parfois obligé de renoncer à offrir les soins les plus adaptés, s'ils sont financièrement insoutenables.
De même, pour les personnes qui adoptent un comportement d'épargne régulier et rigoureux, rien ne garantit que leur animal ne tombe malade ou soit victime d'un accident alors que la somme mise de côté est encore loin d'être suffisante pour couvrir les soins et il peut là aussi se retrouver pris de court.
 

Une maladie ou un accident peuvent nécessité un traitement ou une intervention chirurgicale urgents, dont le coût est parfois élevé.

Une maladie ou un accident sont le plus souvent imprévisibles. Ici, une chienne ayant été opérée d'un pyomètre : cette infection de l'utérus évolue généralement rapidement, et nécessite une intervention chirurgicale sans délai.


Vu sous cet angle, souscrire une assurance apparaît comme le meilleur moyen pour un coût mensuel modéré, d'être toujours en mesure de prodiguer les soins adaptés à son animal, même lors d'imprévu. L'approche la plus judicieuse semble donc être d'assurer son chien pour couvrir des dépenses qui peuvent devenir conséquente et ne peuvent être anticipées (maladie ou accident), alors que les frais pour des soins préventifs ou de convenance (vaccination, stérilisation, etc.) sont prévisibles et plus modérés, et peuvent donc être budgétés.


Mon chien peut-il bénéficier d'une assurance santé ?

Souhaiter assurer son chien est une chose, pouvoir l'assurer en est parfois une autre : car tous les animaux ne sont pas éligibles. En effet, les compagnies d'assurance n'acceptent pas les candidats qui présentent un risque médical trop élevé.
Par conséquent, elles imposent notamment une fourchette d'âge dans laquelle doit se trouver le chien qui va être assuré pour la première fois :
- l'âge minimum (quelques mois) permet d'écarter les très jeunes chiens susceptibles d'être atteints d'affections congénitales pas encore détectée ;
- l'âge maximum (souvent de l'ordre de 5 ans) a pour objectif d'exclure les chiens qui peuvent développer des affections dont la fréquence augmente significativement chez l'animal vieillissant.
L'état de santé au moment de la demande de souscription est également primordial et une visite médicale est donc exigée par les compagnies d'assurance, avant toute première souscription ; en outre, le chien doit être correctement vacciné. Un animal malade ne pourra pas être assuré ou, pour certaines affections (par exemple des affections héréditaires), celles-ci peuvent être exclues des garanties de l'assurance.


Bien comprendre le contrat d'assurance avant de souscrire

Comme pour toute assurance, il est préconisé de lire attentivement et complètement les conditions générales du contrat et de ne pas se contenter des plaquettes promotionnelles de synthèses qui mettent surtout en évidence les avantages du contrat.

Certains termes et certaines clauses des contrats ne sont pas toujours évidents à comprendre et les précisions suivantes peuvent être utiles.

Formules et couverture : comme pour nos complémentaires santés, les compagnies d'assurances pour animaux proposent des formules qui offrent des prestations différentes : les frais vétérinaires remboursés dépendent de la formule choisie, la cotisation également !
Pour les formules "basiques", la couverture se limite à des remboursements d'une partie frais de maladies et accidents, alors que dans les formules "confort", une partie des frais de soins de convenance et de prévention (stérilisation, détartrage, voire de la visite annuelle de vaccination) peuvent également entrer dans la garantie. Les formules haut de gamme offrent également des plafonds de remboursement plus élevé (voir plus bas).

Cotisation : c'est la somme, généralement versée mensuellement, pour l'assurance du chien. Elle varie selon la formule choisie (formules "basiques" < formules "confort"), mais aussi, pour une même formule, selon la race du chien et souvent, selon son âge lors de la première assurance : son calcul prend en effet en compte le risque que représente l'animal. La cotisation est donc habituellement plus élevée pour les animaux âgés et pour les races connues pour présenter des prédispositions à certaines maladies. La fourchette de prix constatés varie de 10€ environ (formule de base pour un chien jeune d'une race à faible risque) à environ 60€ (formule haut de gamme pour un chien âgé, d'une race "fragile", à risque élevé).

Délai de carence et date d’effet : le délai de carence est la période qui suit la souscription du contrat et pendant laquelle les garanties ne s’appliquent pas encore. Ni les frais inhérents à une maladie ou un accident survenant pendant ce délai, ni les dépenses engendrées par leurs conséquences ultérieures sur la santé de l'animal ne sont ou seront donc pris en charge.
Cette période débute à la date de prise d’effet du contrat ; elle se termine à la date d'effet et les garanties du contrat du souscripteur deviennent alors effectives.
Comme le chien assuré peut tomber malade ou avoir un accident à tout moment, il est donc préférable d'avoir un délai de carence le plus court possible pour bénéficier au plus tôt des garanties de l'assurance. Le délai de carence est habituellement de 1 à quelques semaines.

Franchise : la franchise est le montant des frais vétérinaires qui reste systématiquement à la charge du souscripteur. Il peut s'agir d'un pourcentage des frais (éventuellement plafonné) ou d'un montant fixe. Une franchise faible est donc préférable ! Schématiquement, plus la formule est basique (et donc la cotisation faible), plus la franchise est élevée. Pour les formules haut de gamme, il peut ne pas y avoir de franchise.
Il convient d'autre part de regarder précisément comment la franchise est appliquée. Cela peut en effet être sur chaque sinistre, chaque acte ou sur une période donnée (par exemple 1 trimestre), ce qui signifie que la franchise n'est alors appliquée qu'une fois, même s'il se produit plusieurs sinistres pendant cette période.
Une franchise élevée, et plus encore une franchise prélevée sur tous actes, peut réduire très sensiblement la base des remboursements.
Pour exemple :
une assurance 1 propose une franchise de 100€, s'appliquant sur chaque sinistre ; une assurance 2, une franchise de 100€ appliquée 1 fois par périodes de 4 mois.
Mon chien a dû être présenté chez le vétérinaire à 2 reprises lors des 4 derniers mois pour 2 motifs différents entrant dans les garanties de ces 2 assurances, et ayant entraîné des frais de consultation de 150 et 100€.
Avec l'assurance 1, la base du remboursement sera de :
150 – 100 (1ère consultation) + 100 – 100 (2e consultation) = 50€
Avec l'assurance 2, la base du remboursement sera de :
150 – 100 (1ère consultation) + 100 – 0 (2e consultation) = 150€

Taux de prise en charge : c'est le pourcentage des frais d'un sinistre entrant dans la garantie, qui sera remboursé. Il s’applique sur le total des frais garantis diminués de l’éventuelle franchise. Il est donc souhaitable que ce taux soit proche de 100 %. Les taux de remboursement proposés peuvent être très variables (entre 50 et 100 %) d'un assureur à l'autre et, pour un même assureur, d'une formule à une autre.
Pour exemple :
en reprenant le cas précédent, si les assurances 1 et 2 offrent un taux de remboursement respectif de 100 et 80 %, le montant remboursé sera :
Avec l'assurance 1 :
150 – 100 (1ère consultation) + 100 – 100 (2e consultation) = 50 € x 1 soit 50 € remboursés.
Avec l'assurance 2 :
150 – 100 (1ère consultation) + 100 – 0 (2e consultation) = 150 € x 0,8 soit 120 € remboursés.

Plafond de remboursement : c'est la somme maximale que rembourse l'assurance. Les contrats prévoient généralement un plafond de remboursement par année de contrat, mais peuvent aussi définir un plafond par sinistre ou par acte. Par conséquent, une fois cette somme atteinte dans l'une ou l'autre des situations, tous les frais ultérieures restent entièrement à la charge du propriétaire.
Les plafonds de remboursement par an sont compris pour la plupart des assurances entre 1000 et 2000€; selon le niveau de la formule.

Exclusions : les contrats comportent systématiquement une liste (souvent longue) d'affections, d'actes et de produits dont les frais qu'ils engendrent sont exclus d’emblée de la garantie.
Les affections sont principalement les malformations, affections héréditaires ou congénitales (par ex., dysplasies, ectopie testiculaire, luxations congénitales des rotules, affections congénitales du palais et des voies aériennes supérieures chez les races brachycéphales, etc.), mais parfois aussi des affections séniles (par ex., cataractes des chiens âgés).
En ce qui concerne les actes, sont fréquemment mentionnés dans les listes d'exclusion les frais de dépistage, les frais liés à une maladie contre laquelle le chien aurait pu être vacciné, les interventions chirurgicales à caractère esthétique, etc.
Pour les produits, ceux qui n'ont pas été délivrés suite à une prescription, les traitements antiparasitaires, les aliments, (médicamenteux, diététiques ou thérapeutiques), les compléments alimentaires, etc. apparaissent généralement sur ces listes.
A noter que les assurances ne couvrent généralement pas les accidents survenant lors d'activité à risque : chasse, activités sportives, etc.


Quelle assurance santé choisir ?

Il convient en premier lieu de déterminer le type de formule que l'on souhaite souscrire : veut-on plutôt une formule de base avec une cotisation faible (cas le plus fréquent), ou plutôt une formule haut de gamme, offrant une couverture plus large, mais dont les cotisations sont nettement plus élevées ?
Lorsque ce choix est arrêté, le maître mot est de comparer : pour des formules offrant des couvertures comparables (même types de sinistres couverts), le montant de la cotisation est un élément de choix important, mais toutes les clauses – franchise, taux de remboursement, plafond de remboursement - doivent être prises en compte, car elles vont conditionner la hauteur des remboursements. Le contrat ayant la cotisation la moins élevée n'est pas forcément le plus intéressant et l'objectif est donc de déterminer lequel propose le meilleur rapport Remboursements/Montant des cotisations.
En pratique, il est possible d'obtenir en quelques clic le montant de la cotisation d'une assurance santé pour son chien, la plupart des assureurs proposant des devis instantanés en ligne. En revanche, l'exercice de comparaison des remboursements se révèle souvent difficile à faire seul, même si on dispose de toutes les informations contractuelles, car un contrat peut être plus intéressant qu'un autre sur une condition et moins sur une autre : par exemple, pour des cotisations équivalentes, l'un peut offrir un taux de remboursement meilleur, mais avec une franchise plus élevée.
La meilleure approche consiste donc à demander des simulations pour quelques sinistres, qui permettront de voir à partir de cas concrets, l'assurance qui assure le meilleur niveau de remboursement : par exemple, lors de maladie chronique avec des dépenses récurrentes ponctuellement modérées, mais élevées sur la durée, ou pour un accident qui génère des interventions coûteuses (examen radiographique, hospitalisation, intervention chirurgicale...) sur une période courte.


 


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